La nouvelle loi sur le service civil constitue une menace grave pour nos libertés individuelles. Faut-il rappeler que jusqu’en 1996, des centaines de personnes étaient emprisonnées chaque année pour objection de conscience ? Pourquoi revenir en arrière et mettre en péril la liberté des jeunes Suisses ?

Il est illusoire de croire qu’une objection de conscience ne pourrait pas survenir en cours de service, alors pourquoi chercher à restreindre toujours davantage l’accès au service civil ? Personne ne choisit le service civil par confort, pour esquiver l’armée. Plus long et plus contraignant, il représente la seule option pour les objecteurs de conscience d’échapper à l’obligation du service militaire. En cela, le service civil est une alternative essentielle au bon fonctionnement de nos institutions, et il permet à notre démocratie de ne pas basculer vers un système qui contraindrait des individus à participer, contre leur gré, à une institution militaire armée.

Par ailleurs, la nouvelle loi met en danger des secteurs déjà économiquement fragiles. Chaque année, des milliers de civilistes se mettent à disposition d’établissements de santé ou sociaux et contribuent au bon fonctionnement de ces structures. Ils permettent ainsi de soulager quelque peu la pression qui pèse sur le personnel de ces domaines. Ne réclamions-nous pas davantage de moyens pour les travailleuses et travailleurs de la santé ? Est-il judicieux d’empêcher des jeunes Suisses de contribuer au bon fonctionnement de ces milieux ?

Pour l’avoir accompli personnellement, je peux témoigner de l’aide précieuse qu’apportent les civilistes aux établissements sociaux et de santé. Durcir l’accès au service civil, c’est fragiliser des secteurs déjà sous pression et remettre en cause nos libertés individuelles.

Le 14 juin, non à la nouvelle loi sur le service civil.

Léonoard Paget, Coprésident Les Vert-e-s JURA et ancien civiliste

  • Les Vert-e-s Jura – Le 20.05.2026
Le service civil est une alternative à l’obligation militaire. L’objecteur de conscience y est plus utile et moins coûteux qu’en prison.
Léonard Paget, Co-président des Vert-e-s Jura