Une autre agriculture est possible

Dans sa tribune (LQJ du 25 juillet), le ministre de l’Agriculture Johann Schneider-Ammann parle de renforcement et de création des liens internationaux, de baisse des coûts des produits agricoles, d’agriculteurs et d’agricultrices de plus en plus compétitifs qui s’affirment face à la concurrence internationale. La voie qui est tracée par le ministre est celle qui a abouti de 2000 à 2015 à la disparition de 17 000 fermes et 75 000 emplois dans l’agriculture suisse. Je crois qu’il faut changer de politique.

Il faut recréer le lien entre le paysan et le consommateur en supprimant les intermédiaires. Ainsi le produit serait payé au juste prix du travail du paysan. Les paysans ne seraient ainsi plus les esclaves des paiements directs. Ce prix sera certainement plus bas que ce que le consommateur paye actuellement au supermarché pour le même produit. Un exemple intéressant est en train de se développer dans la commune de Meyrin (22 000 habitants). Une coopérative se met sur pied pour créer un supermarché participatif paysan. Ce marché mettra en rapport un millier de consommateurs avec les produits de cinq fermes du voisinage. Les invendus seront utilisés dans l’auberge attenante. Des artisans (boulanger, boucher, fromager) seront aussi présents sur le site pour transformer les produits. Il faut multiplier de tels exemples. Le chemin sera long mais c’est le seul qui sera durable et permettra de maintenir une agriculture en Suisse.

(lettre de lecteur parue dans le Quotidien Jurassien du 3 août 2017)

Share Button