Communales 2017 : campagne lancée en Haute-Sorne

Les Verts et le Parti socialiste feront liste commune le 22 octobre en Haute-Sorne pour le renouvellement des 33 membres du Conseil général. Pour le Conseil communal et la Mairie, la réflexion est en cours. Les deux formations politiques l’ont annoncé ce 19 mai à l’occasion d’une conférence au cours de laquelle le Professeur Vincent Kaufmann a captivé la trentaine de personnes présentes avec ses prospectives sur la mobilité.

Les recherches du Directeur du Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL portent notamment sur la mobilité quotidienne et les stratégies des individus pour concilier logement et travail compte tenu des multiples contraintes que l’organisation de la vie moderne leur impose. Dans une optique de durabilité.

Dans sa conférence, il a développé trois grands thèmes.

La réversibilité de la mobilité
Tendance lourde dans la mobilité des personnes en Europe, les individus tendent à limiter l’impact des déplacements sur leur qualité de vie en utilisant la vitesse pour annuler les distances et en utilisant le temps de déplacement pour « faire autre chose », travailler notamment, grâce aux équipements embarqués. Il est intéressant d’observer le développement de la pendularité intercommunale sur les 40 dernières années. De 30 % en 1970, elle est passée à 66 % en 2010. Et 12 % des actifs se déplacent sur des distances de plus de 50 km. Phénomène induit, les gens déménagent beaucoup moins, freinés de surcroît par les disparités induites par le fédéralisme. Sous un autre angle, on peut donc dire que notre société est moins mobile que jamais ! La « danse de Saint Gui ralentit » souligne l’orateur.

Mais parcourir 100km en train chaque jour est-il écologiquement plus sensé que parcourir 5km en voiture ? Jusqu’où peut-on aller dans le développement du rail par exemple ? Veut-on un pays-ville, est-ce pertinent dans un pays fédéraliste ? Ne perd-on pas en diversité ? Il y a ici de la place pour la réflexion politique !

La multimodalité
On parle encore en termes d’intérêts des usagers des transports publics vs intérêts des automobilistes. Mais ce vieux schéma n’est aujourd’hui plus si clair, car les mêmes personnes utilisent différents moyens pour se déplacer. Les pendulaires ont aussi une voiture, jouent sur les offres, ont une aptitude à se déplacer très sophistiquée. Le critère de rapidité s’est d’ailleurs transformé en maximisation du confort. On préfère passer deux heures dans un train que 45 minutes sur la route pour se rendre au travail. On préfère emprunter une seule ligne de bus que changer de ligne pour arriver plus rapidement à destination. C’est une transformation forte.

Le futur : on ralentit !
Nous sommes peu-être à l’aube d’une inflexion du toujours plus vite toujours plus loin. Selon une enquête menée en 2015 aux Etats-Unis, en Turquie et dans plusieurs pays européens, 78 % de la population, épuisée, souhaite aujourd’hui un ralentissement du rythme de vie, notamment en termes de déplacements.
Pour la COP 21 en 2015, Vincent Kaufmann a participé à une étude pour la SNCF, laquelle a dégagé trois scénarios pour 2050.
1 : ultramobilité, toujours plus vite toujours plus loin, en résumé on continue à fond sur notre lancée
2 : altermodalité, on se déplace autrement, observons notamment les jeunes urbains qui ne passent plus leur permis de conduire. Ce scénario demande une très forte volonté politique.
3 : proximibilité, on cherche la qualité de vie dans la proximité. On arrête de valoriser la mobilité, les personnes se déplacent moins que les biens et les services. Ce scénario implique de grands développements technologiques.
Penser que le futur ressemblera au présent en plus marqué n’est pas une fatalité, ouvrons le jeu et pensons à des avenirs différents, des signes apparaissent, on ne va pas forcément vers un accroissement général de la mobilité. Les choix politiques seront importants, la mobilité n’advient pas comme ça toute seule. Pourrait-on agir par réglementation et pas seulement par incitation ? A Berne, on favorise la zone bleue, à Zurich le parking à 50CHF la journée. Les effets sur l’accès à la ville sont différents ! La zone bleue est plus égalitaire, l’incitation par le portemonnaie, c’est un peu une défaite et au final elle ne convainc pas. Le fédéralisme est-il encore très adapté avec tous ses régimes fiscaux, scolaires, linguistiques ?

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