Loi sur le salaire minimum encore recalée


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Le Parlement jurassien, dans sa séance du 27 avril, a une deuxième fois refusé d’entrer en matière sur la Loi cantonale sur le salaire minimum, pourtant demandée par le peuple jurassien en 2013. Il ne reste plus guère que la voie de la nouvelle initiative populaire cantonale lancée par la gauche en début d’année, pour espérer voir ce dossier ne pas se fermer à jamais…

Voici l’intervention du député Vert Ivan Godat à la tribune du Parlement.

Séance du 27 avril 2016

Entrée en matière :

Pour le groupe Verts et CS-POP (Ivan Godat) :

Que de rebondissements pour finalement se retrouver sept mois plus tard, après un passage par la case Cour Constitutionnelle, à discuter en deuxième lecture cette fameuse Loi sur le salaire minimum. Nous espérons – sans grande illusion – que les choses prendront une tournure différente cette fois-ci, tant la décision du 9 septembre 2015 fut un exemple d’antologie de bafouement de la volonté populaire exprimée pourtant très clairement le 3 mars 2013. Je peux vous garantir que le culot et le mépris témoigné à cette occasion a été très mal ressenti par une très large partie de la population jurassienne, y compris des gens qui étaient opposés à l’initiative. Le jugement rendu par la Cour Constitutionnelle a quelque part confirmé la légitimité de cette indignation. Rééditer un tel déni de démocratie aujourd’hui reviendrait à donner une deuxième claque aux 54.3% des jurassiennes et des jurassiens qui avaient accepté l’initiative. Je ne peux m’empêcher de sourire doucement face à la position de l’UDC sur ce dossier, pourtant chantre et défenseur autoproclamé du respect de la volonté populaire.

Les arguments avancés pour justifier un refus d’entrer en matière sont au mieux ridicules, au pire malhonnêtes. Vous dites dans la presse que vous allez refuser l’entrée en matière car le projet de loi comprend trop d’exceptions, mais alors pourquoi n’avez vous fait aucune proposition visant à réduire le nombre d’exceptions contenues dans ce projet de loi ? Vous regrettez que le projet de loi propose un salaire unique, mais pourquoi n’avez vous pas proposé un salaire différencié ? Il faut être stupide pour ne pas comprendre que vous ne voulez en réalité d’aucun salaire minimum (alors que la population nous a donné le mandat d’en établir un) et que vous êtes prêts à toutes les malhonnêtetés pour torpiller ce projet. Cette expression prêtée à Molière sied parfaitement à la situation : «  Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage ». Soyez sûsr que le canidé de la maxime citée n’a pas dit son dernier mot et qu’il grognera encore un moment, du moins jusqu’à ce que la volonté populaire soit respectée.

Il va de soi que le groupe Verts et CS-POP soutiendra l’entrée en matière.

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