Cycle de conférences 2016 : la frontière


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La migration intercontinentale à destination de l’Europe est à l’actualité depuis plusieurs années. Les images de dizaines de milliers de migrants qui traversent la mer et parcourent à pied le continent ont fortement ébranlé les mentalités européennes en 2015. Désirant prendre du recul avec cette actualité chargée en émotions, les Verts jurassiens ont élaboré un cycle de trois conférences sur le thème de la frontière, qui fait halte les 13, 18 et 26 avril dans les trois districts du canton.

 

M. Alec von Graffenried à l’aula du Collège de Delémont

Mercredi 13 avril à 20h : pour des multinationales responsables.

Il y a une année environ, une large coalition de la société civile suisse, dont le syndicat UNIA, le WWF et Action de Carême, accompagnée de politiciens reconnus de tout bord, à l’exemple de Dick Marty ou de Micheline Calmy-Rey, lançait l’initiative populaire fédérale pour des multinationales responsables. Inspiré des principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme adoptés en 2011, ce texte soumettrait les sociétés domiciliées en Suisse à un devoir de diligence en matière de droits humains et de normes environnementales dans l’ensemble de leurs relations d’affaires. Afin de garantir que toutes les entreprises s’acquittent de leur devoir de diligence, les multinationales domiciliées en Suisse pourraient ainsi avoir à répondre devant les tribunaux des violations des droits humains ou des atteintes à l’environnement commises par des firmes qu’elles contrôlent. L’initiative aurait un fort effet préventif, incitant les entreprises à agir correctement. Faisant partie du comité de l’initiative, Alec von Graffenried présentera les tenants et aboutissants de ce texte et ne manquera pas de souligner toute l’importance de mieux contrôler ce secteur afin d’éviter que des populations entières ne soient poussées à l’exode et ne se transforment en migrants économiques.

 

 

M. Etienne Piguet à l’Hôtel Bellevue à Saignelégier

Lundi 18 avril à 20h : immigration et asile, évolutions récentes et défis futurs

Étienne Piguet, professeur de géographie à l’université de Neuchâtel et vice-président de la commission fédérale des questions de migration tiendra une présentation intitulée « Immigration et asile : évolutions récentes et défis futurs ». Cette conférence permettra de mieux comprendre les continuités et les changements de l’immigration vers la Suisse. Sera notamment abordée la manière avec laquelle la Suisse est devenue, sans toujours s’en rendre compte, un grand pays d’immigration et que dans l’ensemble cette immigration a été un succès tant pour les Suisses que pour les migrants. Toutefois, aujourd’hui comme hier, la migration est source de difficultés et de défis pour la société. C’est pourquoi les questions brûlantes de l’asile, de la « crise migratoire » en Europe et de la mise en œuvre de l’article constitutionnel « contre l’immigration de masse » seront tout particulièrement abordées.

 

 

M. Olivier Guéniat à la Galerie du Sauvage à Porrentruy

Mardi 26 avril à 20h : la criminalité transfrontalière

Un invité bien connu pour clore ce cycle de conférences sur la frontière, l’actuel chef de la police judiciaire neuchâteloise, le bruntruntain d’origine Olivier Guéniat.

Les caractéristiques de l’espace sécuritaire romand que sont sa croissance économique, démographique et son haut niveau de richesse, la densité de son réseau de communication terrestre, ses pôles régionaux (villes), sa proximité relative avec des banlieues désœuvrées comme celles de Lyon, mais aussi de Grenoble, Strasbourg, Mulhouse, Besançon ou même Paris et Marseille, en font le terrain de chasse paradigmatique au sens de la typologie de Maurice Cusson. À ces caractéristiques générales s’ajoutent 570 km de frontières avec la France qui font de la Suisse romande un lieu d’où les criminels peuvent échapper aux polices cantonales par des centaines de voies. Soulignons aussi la frontière avec l’Italie en Valais et un accès aisé par le nord-ouest, via Bâle, par le nord-est, via l’axe St-Gall/Zurich/Berne, ou encore par le sud via Chiasso/Lucerne/Bern.

Dès lors, ceux qui sévissent ne sont pas nécessairement des criminels « français » ou « frontaliers », particulièrement actifs, mais des groupes criminels provenant de régions plus éloignées (Roumains, Moldaves, Balkaniques, Caucasiens, Baltes, Nord-Africains, etc.) profitant de la frontière tant dans un sens que dans l’autre selon leur activité délictueuse. On peut ajouter, dans ce contexte, que les nouvelles générations qui constituent le grand banditisme des banlieues de Lyon, Marseille ou Grenoble, empreintes de la nouvelle dimension de mobilité, n’hésitent aucunement à attaquer des cibles en Suisse dans la profondeur du territoire.

Comment mettre un frein aux phénomènes criminogènes est un véritable défi, dont il s’agira de décrire les contours stratégiques visant à maintenir la sécurité, du point de vue des cantons face à la dimension européenne du crime.

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