Local ne rime pas toujours avec optimal


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Ce n’est pas tout à fait chez nous mais presque. Dans le Val-de-Ruz, les Verts neuchâtelois lancent l’alerte: un gigantesque projet de halle d’engraissement de taureaux menace de voir le jour. En Ajoie, Pro Natura Jura est en recours contre un projet à Bonfol pour l’engraissement de 190’000 à 200’000 poulets par année. Comme quoi une viande produite localement n’est pas toujours synonyme de qualité…

Le plus grand projet suisse de construction de halle d’engraissement de taureaux accueillera 720 taurillons et sera situé entre Coffrane et Montmollin. Les animaux, arrivés à l’âge de trois semaines et 70 kilos environ, seront engraissés durant un an, jusqu’à atteindre environ 500 kilos. Deux énormes silos à fourrage, d’une hauteur de 25 mètres chacun, ainsi qu’un grand hangar pour machines agricoles, seront également bâtis. L’État de Neuchâtel et la commune de Val-de-Ruz ont validé ce projet, malgré 47 oppositions et 13’500 signatures récoltées sur internet.

Les Verts regrettent que ces halles d’engraissement soit encore autorisées. Ces infrastructures entrent dans le cadre d’une législation manifestement trop permissive et répondent à la demande de consommateurs qui se satisfont de viande de piètre qualité, sûrement par manque d’information sur la filière de production.

Or, ces grosses structures d’engraissement, basées exclusivement sur un « gavage » au maïs, produisent de la viande déséquilibrée en Omega 3, contrairement à la viande bio, qui provient d’animaux nourris principalement à l’herbe. Les Verts pourraient tolérer l’engraissement des animaux, pour autant qu’il permette une amélioration de la rotation des cultures, en y introduisant des prairies. À travers la dénonciation de ce projet, les Verts souhaitent attirer l’attention des consommateurs de viande sur le fait que les labels locaux ne garantissent ni la qualité de la viande ni le bien-être des animaux, contrairement aux labels Bio.

Dans le canton du Jura, on parle davantage de l’engraissement des poulets. Pro Natura Jura est en recours contre un projet à Bonfol (il y a bien d’autres projets dans le Jura), pour un engraissement de 190’000 à 200’000 poulets par année. Le problème, outre paysager, réside dans le fait que ces bêtes sont nourries en partie avec des denrées produites en Afrique ou en Amérique latine, dans l’irrespect total des familles paysannes locales qui se voient spoliées de leurs terres par les multinationales pour la production de soja pour le bétail européen. Les céréales produites en Ajoie ou dans le Jura sont elles achetées par les multinationales et revendues sur les marchés boursiers. En échange, les paysans reçoivent une alimentation douteuse et de moindre qualité pour produire des poulets engraissés en peu de temps. Et que dire des fumiers qui ensuite viennent sur les sols jurassiens et finissent dans les cours d’eau?

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