Force hydraulique : et si on économisait plutôt ?


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Les cours d’eau sont très largement utilisés par les hommes, à leur profit. En particulier l’hydroélectricité perturbe les milieux naturels, les barrages modifient les équilibres naturels, retiennent les alluvions, changent la température de l’eau, de nombreuses espèces souffrent de tout ceci. Ajouter encore une pression sur les milieux aquatiques n’est pas raisonnable. Les Verts sont bien décidés à toujours insister pour que les économies d’énergie soient largement sollicitées dans le canton du Jura. Des mesures d’incitation doivent être mises en place dans plusieurs domaines. C’est la teneur de la réponse des Verts jurassiens à la consultation lancée par le Gouvernement sur la fiche révisée (5.10) du plan directeur cantonal, relative à la force hydraulique.

L’utilisation des énergies renouvelables ne doit pas être une raison de ne pas réfléchir à notre consommation d’énergie. Les Verts regrettent que le Canton utilise une notion mal définie pour parler de la production électrique: « cette production couvre l’équivalent des besoins en électricité de 5’500 à 6’500 ménages ». Cette notion de « consommation d’un ménage » est diversement définie et est souvent utilisée pour influencer la population émotionnellement.
Concernant la consommation électrique, les Verts insistent sur la nécessité de ne pas transférer systématiquement à ce domaine des consommations d’énergie à l’heure actuelle fossile. Une meilleure utilisation des différentes formes d’énergie doit permettre au Canton de redimensionner ses besoins en énergie électrique dans le futur.
Il est regrettable que le Canton choisisse de renforcer l’utilisation des cours d’eau pour produire de l’énergie électrique et ne soutienne pas le potentiel de turbinage de l’eau potable et des eaux usées (seuls deux sites sont mentionnés dans la fiche). Les Verts sont favorables à l’idée de valoriser la circulation de l’eau dans les canalisations.
Selon l’OFEV, l’utilisation de petites centrales hydrauliques n’est intéressante que là où prédomine un grand potentiel hydraulique et de faibles valeurs écologiques et paysagères ; nous sommes d’avis que la stratégie cantonale proposée dans la fiche 5.10 va à l’encontre de la volonté exprimée par la Confédération.
Chacun des sept critères exclusifs qui déterminent l’intérêt écologique d’un cours d’eau s’applique à tout ou partie du Doubs. D’après la Confédération, l’existence d’un seul de ces critères suffit à ce que le développement d’une centrale hydroélectrique soit écarté. Les projets concernant le Doubs doivent donc être exclus. Nous déplorons que malgré l’analyse qui dit que toute exploitation sur le Doubs est exclue vous envisagiez la remise en service de deux barrages sur le Doubs. Le rôle écologique de cette rivière au niveau mondial et suisse, avec notamment les seules présences en Suisse de l’apron, espèce classée en danger critique d’extinction, et de la sofie, espèce également classée en danger critique d’extinction, est sans commune mesure avec son potentiel hydroélectrique régional. Pour les Verts, aussi longtemps que le Doubs et sa biodiversité n’auront pas retrouvé un état permettant pour le premier un fonctionnement écologique optimal et pour la seconde une existence à long terme sans danger, aucune valorisation du potentiel hydroélectrique n’est envisageable. Comme nous l’avions déjà mentionné dans la conception sur l’énergie, nous revendiquons la création d’un fonds biodiversité alimenté par les producteurs d’énergie afin notamment de ne pas devoir « attendre » une concession pour construire des ruisseaux de contournement, voire pour déconstruire les seuils situés sur le Doubs.
D’une manière générale, pour l’analyse d’un cours d’eau, la Confédération demande de prendre en compte l’intégralité du bassin versant: les Verts sont d’avis que ce doit être un point essentiel de l’étude du Canton.
Par ailleurs l’écologie doit rester prioritaire dans tous les lieux où une revitalisation a été décidée: subventionner la revitalisation d’un cours d’eau puis autoriser son utilisation à des fins de production d’électricité est pour nous une aberration.
Nous sommes favorables à l’élaboration d’une carte du plan final indiquant clairement toutes les rivières et ruisseaux, et faisant apparaître les zones et critères de protection. Tout doit être mis en œuvre pour que les efforts de protection de la nature ne soient pas réduits à néants pour satisfaire des besoins indus en énergie électrique.

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