Pour la libération des 30 de l’Arctique


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Résolution n° 152

Trente militants de l’association internationale Greenpeace – dont un Suisse, Marco Weber – sont en détention en Russie, à Mourmansk, depuis le 19 septembre dernier. Greenpeace mène depuis le mois d’avril une campagne contre l’exploitation de pétrole dans l’Arctique.

L’océan arctique et son littoral sont très convoités par de puissants groupes industriels pour leurs éventuels gisements pétroliers. Selon l’ONG, les conditions météorologiques difficiles de la région y rendent les forages particulièrement vulnérables et les opérations de secours seraient très difficiles en cas d’accident. Une marée noire prendrait rapidement un tour catastrophique pour l’environnement dans l’Arctique et le littoral. Partout, des parlements, des personnalités de tous bords ont dénoncé les charges excessives portées à l’encontre des militants de Greenpeace et leurs conditions de détention. En effet, il y a un problème dans la réaction disproportionnée de Moscou, qui cherché à dissuader toute contestation future de l’appropriation des ressources de l’Arctique par la Russie. Et même si les charges de piraterie ont finalement été levées, les 30 risquent toujours jusqu’à sept ans de prison. L’action de ces militants est importante, elle nous rappelle qu’il ne vaut pas la peine de risquer un désastre écologique dans une zone fragile. Le Suisse Marco Weber raconte, dans une lettre, les conditions difficiles de détention sur place. Il appelle chacun à s’engager pour la protection de l’Arctique et à ne pas baisser les bras en ces moments difficiles.

Au vu de ce qui précède, le Parlement jurassien, sensible aux atteintes des droits humains et à la protection de l’Arctique, demande au Gouvernement d’assurer de son soutien le Conseil fédéral pour toutes les actions qu’il entreprendra pour faire libérer Marco Weber et les 29 autres femmes et hommes en détention en Russie.

 

Défense de la résolution à la tribune

Il est important de s’exprimer et il est important de s’indigner ! Nous avons la chance d’être les représentants d’un Etat souverain et nous pouvons nous exprimer en tant que tel. Monsieur le ministre Probst disait tout à l’heure qu’il était rare que des populations puissent s’exprimer sur leur cadre institutionnel. Nous, nous l’avons fait, nous avons gagné et nous pouvons nous exprimer au nom du canton du Jura. Certains d’entre vous vont dire que ce qui se passe en international n’est pas de notre ressort. Or, c’est faux ! Nous sommes directement concernés par le pétrole. Nos voitures ne roulent pas ou pas encore à l’hydrogène. Pas directement responsables, d’accord, mais concernés, oui !

Alors, quand des militants veulent déployer une banderole pour dénoncer les risques écologiques de l’extraction du pétrole dans l’Arctique, qu’ils se font arrêter, détenir dans des conditions extrêmement pénibles, qu’ils risquent jusqu’à sept ans de travaux forcés, il est important de manifester, à l’instar d’autres instances et personnalités, notre solidarité.

L’action de Greenpeace nous rappelle que l’océan Arctique et son littoral sont très convoités par de puissants groupes industriels pour leurs éventuels gisements pétroliers et qu’il ne vaut pas la peine de risquer un désastre écologique pour quelques mois supplémentaires de pétrole et… beaucoup de dollars ! Quant à nous, sensibles aux droits humains et à la protection de l’Arctique, nous demandons, par cette résolution, à notre Gouvernement d’assurer de notre soutien le Conseil fédéral pour toutes les actions qu’il entreprendra pour faire libérer le Suisse Marco Weber et les 29 autres femmes et hommes en détention en Russie. Merci de votre attention et de votre grand soutien.

 

Michel Thentz, ministre

On le sait, les méthodes utilisées par l’association Greenpeace sont la plupart du temps basées sur la mise en œuvre d’actions spectaculaires, souvent à la limite en matière de prise de risques et de sécurité, voire de légalité. Il n’appartient pas au Gouvernement jurassien de prendre position quant à l’action menée par Greenpeace dans l’océan Arctique dans le cadre du projet pétrolier russe.

Cependant, le Gouvernement jurassien est très attaché aux Droits de l’Homme et à la liberté d’expression en particulier. Ainsi, au cas où le Conseil fédéral s’engageait afin de tenter de libérer notre concitoyen et les autres personnes incarcérées à Mourmansk, le Gouvernement jurassien pourrait alors lui apporter son soutien. Mais il faudrait, pour ce faire, qu’il sente un fort soutien du Parlement jurassien.

 

Gilles Froidevaux (PS), président de groupe

Comme plusieurs membres de mon groupe, je n’ai pas signé et je ne voterai pas la résolution du groupe CS-POP et VERTS et je vais m’en expliquer. Bien que je sois sensible au sort qui est réservé à notre compatriote, actuellement en détention en Russie, bien que je considère que le régime Poutine n’a rien de démocratique et qu’il bafoue sans vergogne les Droits de l’Homme les plus élémentaires au vu et au su du monde entier, bien que j’estime que les autorités suisses doivent entreprendre tout ce qui est possible pour obtenir la libération de M. Weber, je pense en revanche que cette résolution n’a pas sa place dans notre Parlement. Sur la forme tout d’abord, j’observe que cette résolution a été présentée aux groupes hier seulement, contrairement aux usages. Nous n’avons donc pas pu en débattre dans les groupes. Alors, on évoque aujourd’hui l’urgence à traiter cette résolution. Je conteste cela puisque si, vraiment, il y avait urgence à entendre la voix du Parlement dans ce dossier, alors que M. Weber est emprisonné depuis le 19 septembre dernier, nous aurions pu très bien traiter cette résolution lors de notre séance du 2 octobre dernier !

Sur le fond ensuite, je me refuse à soutenir une résolution inaudible et qui ne sera d’aucune efficacité. Et elle n’est pas légitime puisqu’elle entraîne notre Parlement dans des débats qui ne sont absolument pas de sa compétence. En outre, c’est bien ce type d’intervention-là qui entraîne le désintérêt et la méfiance de la population à l’égard des politiques. Ce texte est à mille lieues des préoccupations des Jurassiennes et des Jurassiens et elle donne l’impression que ce Parlement est beaucoup plus prompt à régler les affaires du monde et de l’Arctique plutôt qu’à résoudre les problèmes quotidiens et concret de nos compatriotes.

 

Erica Hennequin (VERTS): Par rapport à ce qui a été dit, je ne partage pas du tout l’opinion de mon prédécesseur qui disait que ça n’intéressait pas les Jurassiens. Je pense avoir reçu le plus de réactions à l’une de mes interventions quand le Parlement a refusé de donner l’«asile» à Paul Watson ! J’ai eu des téléphones, des messages. On m’a arrêtée dans la rue. Alors, je vous assure que l’intérêt est bien là. Peut-être pas par tout le monde mais l’intérêt est énorme. Concernant Greenpeace, je pense que si on a le plus grand chantier jurassien actuellement à Bonfol, l’assainissement de la décharge, c’est bien grâce à Greenpeace et grâce à ses actions qui sont très médiatiques. Ce sont des actions qui rendent les causes visibles et, personnellement, je trouve que c’est vraiment une bonne chose. Le Canton bénéficie donc aussi de ce genre d’action. Merci de votre attention.

Le président: Je le répète encore une fois: il faut 31 voix pour que cette résolution inter-partis soit acceptée.

 

Au vote, la résolution n° 152 ne recueille que 24 voix en sa faveur (et 20 voix contre) et elle est donc rejetée.

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