Récupérer, trier et recycler les plastiques


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Selon l’article 31 de la loi fédérale du 7 octobre 1983 sur la protection de l’environnement (LPE), chaque canton planifie la gestion de ses déchets. Le plan de gestion des déchets du Canton sert de base pour la planification et la gestion de tous les types de déchets dans le Canton. L’alinéa 3 de l’article 16 de l’ordonnance sur le traitement des déchets.

(OTD) précise que le plan de gestion des déchets est établi compte tenu notamment des principes suivants : a) dans la mesure du possible, les déchets seront valorisés chaque fois que cette opération sera plus respectueuse de l’environnement que ne le seraient leur élimination et la production de biens nouveaux.

La fiche 5.12 du plan directeur cantonal précise, dans les principes d’aménagement, que le tri et la valorisation des déchets doivent être encouragés par des aménagements spécifiques.

L’émission de la RTS du 5 mars 2013 a présenté la situation des déchets plastiques. 80 %, soit 1 million de tonnes, finissent dans les fours : la chaleur est récupérée pour du chauffage à distance ou de la production d’électricité; 80’000 tonnes sont recyclées mais les filières de recyclage sont très peu développées; en effet, le tri des diverses sortes de plastiques est techniquement difficile.

Parmi les idées de recyclage, il en est une qui est en train de se frayer un chemin : retransformer le plastique en pétrole. Avec 1 tonne de plastique, l’usine Plastoil, par exemple, produit 1’000 litres de diesel, soit 850 kilos de carburant. Les 150 kilos restants ? Du charbon pur récupéré et revendu… et du gaz utilisé pour chauffer les réacteurs du système. Cette usine à diesel est rentable; elle est utilisée aujourd’hui comme usine pilote, faute de recevoir du plastique trié en flux constant.

Nous demandons au Gouvernement d’étudier si la récupération et le tri des plastiques dans le Jura, éventuellement en collaboration avec les cantons voisins, pourraient être encouragés auprès des communes et si leur recyclage éventuel (par exemple sous forme de pétrole) pourrait constituer une valorisation plus respectueuse de l’environnement que leur valorisation thermique.

D’autre part, il serait intéressant de connaître le nombre de postes de travail qu’une telle valorisation permettrait globalement de créer.

 

Développement:

L’utilisation des plastiques représente chez nous une charge environnementale importante, voire même très importante.

L’Office fédéral de l’environnement indique qu’en Suisse, on consomme plus d’un million de tonnes de matières plastiques par an. Les emballages représentent plus du tiers de ce chiffre et les matériaux de construction environ un quart. 80 % des déchets plastiques sont brûlés, c’est-à-dire valorisés énergétiquement sous forme de chaleur et d’électricité.

Dans le Val Terbi, les particuliers récupèrent et trient les déchets de plastique, mettant d’un côté les plastiques souples et de l’autre les plastiques durs. Ces deux catégories de déchets sont rassemblées au Tritout à Vicques pour être transportées dans une cimenterie et brûlées. Ce tri des plastiques n’est pas rentable mais, cependant, il rapporte quelque chose alors que si les plastiques sont mélangés aux ordures ménagères pour être brûlés, ça coûte à la collectivité.

On peut aussi recycler le plastique; c’est ce qu’on appelle la valorisation matière. La matière du déchet est réutilisée, sans destruction de sa structure chimique, pour produire un nouvel objet.

80’000 tonnes de plastique seulement sont recyclés en Suisse. Ce sont surtout les déchets plastiques de l’industrie et de l’artisanat qui sont intéressants parce qu’ils sont produits en grandes quantités, qu’ils sont souvent propres et triés soigneusement. Le recyclage de trois types de plastiques est particulièrement intéressant : le sagex, le PET et le polyéthylène.

En ce qui concerne le sagex et le PET, vous êtes au courant, ce sont deux filières qui ont prouvé déjà depuis très longtemps qu’elles étaient rentables. Actuellement, la Migros recycle le polyéthylène des bouteilles de lait et d’autres emballages chez InnoPlastics à Eschlikon.

Selon une étude récente, si l’on considère tout le cycle de vie du polyéthylène, les filières alternatives de valorisation induisent toutes des coûts globaux de cycle de vie inférieurs à l’incinération, à une seule condition : c’est que les frais de logistique soient peu élevés. Le recyclage matière du polyéthylène présente une éco-efficacité bien meilleure que son incinération. L’éco-efficacité, je vous le rappelle, c’est l’évaluation sur le plan écologique, complétée par des critères économiques.

Notre postulat demande au Gouvernement d’étudier si la récupération et le tri des déchets plastiques pourraient être encouragés auprès de la population, des entreprises et des communes. Le tri des déchets plastiques pour les brûler en cimenteries n’est pas rentable, comme je vous l’ai dit, mais les brûler avec les déchets ménagers coûte de l’argent à la collectivité.

Le recyclage de certains plastiques, en particulier du polyéthylène, constitue une valorisation plus respectueuse de l’environnement que la valorisation thermique. Ce recyclage est rentable, comme je l’ai dit, si les frais de transport restent modestes. Il existe, tout près de chez nous, une entreprise de recyclage à Cressier.

Un exemple concret d’un recyclage intéressant, ce sont les balles d’ensilage en polyéthylène, utilisées en grande quantité chez nous et qui pourraient être recyclées.

En conclusion, le recyclage de certains plastiques est économiquement et écologiquement intéressant si la valorisation ne nécessite pas de longs transports.

Merci de soutenir notre postulat.

 


Postulat no 327

Philippe Receveur, ministre de l’Environnement et de l’Equipement

Dans son texte, l’auteur fait notamment référence aux divers instruments mis en place aux niveaux fédéral et cantonal, à savoir l’ordonnance sur le traitement des déchets (OTD), le plan de gestion des déchets (actuellement en cours de révision) ou encore la fiche 5.12 du plan directeur cantonal. En lien avec la situation des déchets plastiques telle qu’évoquée dans une émission de la RTS, il est aussi mentionné que le tri des diverses sortes est techniquement difficile. La matière plastique est omniprésente sur le marché et il est communément admis qu’elle n’a pas que des avantages, notamment du point de vue sanitaire et d’impact résiduel sur l’environnement.

Le postulat demande premièrement au Gouvernement d’étudier si la récupération et le tri des plastiques dans le Jura pourraient être encouragés et, deuxièmement, si leur recyclage éventuel pourrait constituer une valorisation plus respectueuse de l’environnement que leur valorisation thermique. Nous sommes à même d’y répondre comme suit :

– Encourager la récupération et le tri des plastiques dans le Jura

De par son bassin de population restreint, le Gouvernement estime disproportionné, aujourd’hui, de mettre en place une infrastructure logistique spécifique, qui serait importante, sur le seul territoire de la République et Canton du Jura pour la collecte des plastiques. Mais il faut relever toutefois que les bouteilles pour boisson, les déchets de plastiques non mélangés et catalogués de l’industrie et de l’artisanat (déchets de production, pour autant que ces matières soient triées par type) sur notre territoire bénéficient déjà de filières de valorisation spécifiques.

D’autre part, les différents outils mis en place au niveau cantonal visent déjà à l’objectif recherché. Le concept des futures déchèteries régionales intègre ces questions et permet de répondre, à l’échelle des périmètres de gestion des déchets, aux propositions du postulat, notamment par la mise en place de système de collectes pour de nouveaux types de déchets valorisables, pour autant que la viabilité économique le permette, et ceci même si la thématique des déchèteries régionales n’est pas un enjeu simple et facile à régler. Mais, enfin, si tout était simple et très facile à régler, on s’ennuierait vite en ce bas monde. Et, ici, nous ne manquons pas de pain sur la planche pour ce qui concerne ces éléments-là. La volonté de l’Etat, vous la connaissez sur ce plan-là.

Le plan de gestion des déchets (actuellement en révision) a quant à lui pour but d’arriver à court, moyen et long terme à la dynamique écologique et économique souhaitée. Ce plan comprendra une cinquantaine de mesures planifiées pour les prochaines années, dont certaines concernent spécifiquement des actions de sensibilisation de la population pour encourager à la mise en place de nouvelles filières de valorisation de déchets. Enfin, sauf exception, toutes les communes du Canton, à part Ederswiler, sont actionnaires de Vadec – le réseau de valorisation des déchets de l’Arc jurassien – et le Canton a investi plusieurs millions de francs pour des subventions à cette installation régionale de traitement de nos déchets urbains. Les communes étant représentées au conseil d’administration de cette société en mains publiques, elles pourront tendre vers des objectifs stratégiques et environnementaux utiles à la valorisation des matières (incinérables ou non) sans être focalisées sur la rentabilité à court terme de leurs installations. C’est là un élément important à nos yeux.

– Possibilité de recyclage de plastique sous forme de pétrole

Depuis plusieurs années, la recherche et développement s’oriente vers le domaine spécifique de la valorisation des déchets plastiques. En lien avec la diminution probable des ressources exploitables, la production de carburant à partir de ces déchets en fait partie. La retransformation de déchets plastiques pour produire un nouveau carburant respecte les principes du développement durable et est à saluer, autant par les autorités politiques que les milieux de protection de l’environnement. A ce titre, quelques projets ont déjà été développés dans le cadre d’usines-pilotes depuis environ quinze ans, voire à un niveau de production commerciale. La qualité chimique du carburant produit est un obstacle pour l’instant à une production de masse, notamment en ce qui concerne l’huile de chauffage. En effet, la seule présence, même accidentelle, de plastique contenant par exemple des PVC est susceptible de porter gravement atteinte à la qualité du carburant produit et, par voie de conséquence, celle des rejets atmosphériques (notamment des composés chlorés, des dioxines par exemple). De nombreuses entreprises qui se sont lancées dans la valorisation des déchets plastiques (carburant ou autres) ces vingt dernières années ont dû cesser leur activité. Les raisons étaient liées à la présence d’impuretés ne permettant pas une valorisation adéquate. Alors, si on reprend les propositions du postulat, il nous est possible de constater que :

– la première est déjà intégrée dans les réflexions en cours, notamment dans le concept des déchèteries régionales;

– la deuxième est réalisée, au travers de l’affiliation à VADEC et de leurs prestations à un niveau supra-cantonal; tout n’est pas encore fait mais le cadre offert le permettant est maintenant disponible et praticable;

– la troisième proposition, il est vrai, en est au stade initial de production, notamment pour ce qui est de la qualité des matières premières réutilisées. D’autre part, le Jura représente une zone d’apport petite pour pouvoir envisager de développer un tel projet sur son seul territoire. Il s’agit plutôt de favoriser le lancement d’initiatives privées par la création de conditions-cadres adéquates et le développement des concepts de l’écologie industrielle, en collaboration avec les régions voisines.

Donc, ce n’est pas parce que les trois objectifs du postulat nous paraissent être de mauvais objectifs que le Gouvernement vous recommande le rejet mais bel et bien parce que celui-ci lui paraît réalisé, notamment parce que, en même temps que vous ou peut-être avec un temps d’avance, nous avons porté le regard sur ces enjeux pour y apporter les réponses que je vous donne aujourd’hui. Je vous remercie de votre attention.

 

Au vote, le postulat no 327 est rejeté par 34 voix contre 21.

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