Position du Gouvernement sur le projet de construction d’un deuxième tube au Gothard


Warning: Illegal string offset 'filter' in /home/clients/fd8e35f68e627d052e1108f015227e36/web/site-2015-today/wp-includes/taxonomy.php on line 1372

Le Gouvernement de notre Canton a été consulté par les autorités fédérales au sujet du projet de construction d’un second tube au tunnel du Gothard.

Il soutient la proposition du Conseil fédéral et désapprouve le prélèvement d’un péage spécifique au Gothard. L’initiative populaire «Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit», appelée «Initiative des Alpes», a été acceptée en 1994 par les citoyens suisses mais rejetée dans le Jura. Par respect de la décision populaire de 1994, le Conseil d’Etat du canton de Berne est catégoriquement opposé au deuxième tube. Il est d’autre part en faveur du transfert du trafic de la route au rail et d’un péage au Gothard. Notre question :

  • La décision populaire de 1994 ne devrait-elle pas être respectée par le Gouvernement du canton du Jura, à l’image de celui de Berne ?
  • Comment le Gouvernement justifie-t-il sa prise de position ?
  • Le Gouvernement n’est-il pas en faveur d’un transfert du trafic de la route au rail ?

Je remercie le Gouvernement pour sa réponse.

 

M. Philippe Receveur, ministre de l’Environnement et de l’Equipement:

C’est exact, le Conseil fédéral s’est livré récemment à une consultation s’agissant de l’avenir du tunnel du Gothard, dont tout le monde sait qu’il présente aujourd’hui un niveau d’obsolescence qui requiert des travaux impératifs à un horizon temps relativement restreint ou sa fermeture. Et c’est dans ce contexte-là que le Conseil fédéral a consulté les cantons, notamment en ouvrant un espace de dialogue ce printemps encore entre le DETEC et la Conférence des directeurs des Travaux publics réunis in copore à Berne, et nous avons pu échanger pour prendre connaissance des différents arguments à l’appui des variantes proposées par le Conseil fédéral. Et c’est sur la base de ces informations détaillées, que peut-être vous ne possédez pas, que le Gouvernement jurassien a pris sa position dans le cadre plus formel qui a suivi de la consultation à l’appui de ce projet-là.

Finalement, après avoir évalué l’ensemble de la situation, le Gouvernement jurassien s’est rangé à l’avis du Conseil fédéral. Je vous le décris succinctement. Nous sommes favorables à ce que des travaux puissent être entrepris sur le Gothard en vue de l’assainir; c’est une chose qui est évidente parce que la question peut même se poser sur ce plan-là. Nous sommes favorables à ce que l’orientation prise par ces opérations d’assainissement soit celle du percement d’un deuxième tube, pour plusieurs raisons : percer un deuxième tube permet de continuer de laisser passer le trafic dans le tube actuel sans interruption quand on connaît les volumes que cela concerne qui touchent le trafic nord-sud extrêmement important pour l’Europe et pas seulement pour la Suisse. Ensuite, une fois le deuxième tunnel percé, le premier peut être soumis à des opérations d’assainissement de sorte que nous nous retrouvions à la fin avec deux tunnels dont une seule voie de direction n’est empruntable de manière à ce que les prescriptions tirées de l’initiative populaire de 1994 puissent être respectées. Nous ne voulons pas deux tubes bidirectionnels. Nous ne voulons pas accroître la cadence sur cet axe-là. Nous voulons simplement que les travaux se déroulent dans un certain ordre, avec un coût qui, dans cette variante-là, ne sera pas supérieur à celui qui aurait pu être envisagé en maintenant exclusivement une variante monotube, tout en respectant les tenants et aboutissants de l’initiative populaire sur la protection des Alpes de 1994. Pour des questions de sécurité, de continuité, de coût aussi, le Gouvernement jurassien s’est rangé à l’option retenue par le Conseil fédéral. Maintenant, le Gouvernement bernois a son avis. J’espère que vous ne regrettez pas trop le Gouvernement bernois pour autant ! Celui-ci est «rose-vert» et ce n’est finalement pas très étonnant que les choses se présentent de cette manière-là au sein de cet exécutif qui agit tout à fait souverainement.

Mais je voudrais attirer votre attention sur un autre élément. Nous habitons à un bout de la Suisse, le nord-ouest de la Suisse. Vous savez les difficultés auxquelles, potentiellement, nous allons nous heurter prochainement s’agissant de notre position sur le réseau national ferroviaire; on parle ici de déplacements humains. Et, donc, que ce soit dans le domaine ferroviaire ou dans le domaine routier, le canton du Jura a aussi une perception de sa propre situation, qui lui fait dire que la dernière des choses que nous souhaiterions, c’est être mis hors jeu. Or, qu’est-ce que l’on constate ? L’hypothèse ou l’option qui privilégierait qu’on répare le tube actuel sans en percer un autre simultanément entraînerait obligatoirement et pendant près de deux ans le transfert du trafic routier qui emprunte actuellement le tunnel sur le col. Je vous laisse imaginer à quoi cela ressemble, avec un hiver comme nous avons eu jusqu’ici, pour le canton du Tessin qui, de ce fait, serait coupé de la Suisse pendant près de deux ans. Et le canton du Jura, qui a acquis son autonomie de haute lutte, qui est entré dans l’alliance confédérale avec l’appui éclatant du peuple tessinois en 1978, pour ces considérations-là, qui valent aussi bien que celles sur l’initiative des Alpes, qu’il faut modérer ensemble, a retenu cette hypothèse qui – encore une fois, je le répète – n’a absolument pas pour but de contourner les décisions populaires prises sur le plan fédéral en 1994.

 

Christophe Terrier (VERTS) : Je suis partiellement satisfait.

Share Button