Administration cantonale : les fumeurs à l’index?


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Les décisions d’interdiction de fumer dans tous les locaux publics, en Italie, en Espagne, ou en France, semblent être appliquées sur l’ensemble des territoires de ces trois pays, sans que cela ne pose de problèmes d’interprétation. Peut-être parce que les règles étaient claires et n’étaient pas laissées à l’appréciation des préfets, des maires ou des restaurateurs, par exemple. Les règles étant claires, l’application en est simple.

Une simplicité qui ne paraît guère possible dans l’administration jurassienne. Il faut dire que l’application de la mesure a été laissée à l’appréciation de chaque chef de service. 

Ainsi, des pratiques diverses existent.

Certains magistrats ne se sentent pas concernés par la mesure.

Dans quelques services, on admet que fumer sur un balcon répond à la volonté du Gouvernement.

Ailleurs, à l’opposé, on atteint véritablement le ridicule (qui heureusement, contrairement à la fumée, ne tue pas) en décidant d’imposer cette interdiction aux collaborateurs de l’Etat travaillant en plein air. Les cantonniers, les gardes faune, etc., n’oseront fumer que durant la pause réglementaire. Des contrôles seront effectués, assure-t-on. Des sanctions seront prises contre les contrevenants, mais elles ne seront connues qu’après les dénonciations.

Aux oubliettes donc l’image bucolique du garde faune arpentant nos forêts une pipe à la bouche, accompagné de son chien de chasse (qui lui aussi pourrait bien être interdit selon sa race). Tout cela sous prétexte d’équité entre tous les collaborateurs de l’Etat.

Ces divergences proviennent peut-être du fait que l’introduction, le 1er avril 2007, de l’interdiction de fumer dans tous les bâtiments scolaires et de l’administration cantonale, a dépassé ce qui était annoncé dans la lutte, légitime, contre les effets de la fumée passive. Le groupe de travail qui avait planché sur ce problème proposait d’interdire la fumée dans tous les locaux collectifs des bâtiments cités ci-dessus.

Ce groupe de travail s’était appuyé sans doute sur les déclarations faites lors de l’acceptation, le 19 janvier 2005, de la motion 756 de Mme la députée Suzanne Maître intitulée « Préservons les collaborateurs de l’Etat de la fumée du tabac ». L’intervenante et la Ministre de l’éducation avaient à plusieurs reprises indiqué qu’elles n’avaient nullement l’intention de « diaboliser » ou « culpabiliser » les fumeurs. Pour illustrer ces propos, on avait même utilisé le slogan valable à Genève : « Une administration sans fumée mais pas sans fumeurs ».

Le n’importe quoi qui règne aujourd’hui dans l’application de la mesure décidée en décembre par le Gouvernement nous pousse à lui poser plusieurs questions, allant forcément dans plusieurs sens:

  1. La volonté du Gouvernement est-elle toujours de lutter contre les effets de la fumée passive et non contre les employés de l’Etat qui fument ?
  2. L’idée, annoncée le 19 janvier 2005, d’aménager des locaux réservés aux fumeurs a été abandonnée. Les coûts que cela aurait engendrés sont sans doute à la base de cette décision. Mais cet abandon est-il définitif ?
  3. Comment apprécie-t-il la décision d’interdire de fumer aux collaborateurs travaillant en plein air ?
  4. S’il admet que cette décision répond à une certaine volonté d’équité, est-il prêt à faire l’inventaire des obligations faites à certaines catégories d’employés, afin de pouvoir les appliquer ensuite à l’ensemble des collaborateurs, dans le respect de l’équité entre eux ?
  5. Toujours en relation avec la question 3, si cette interdiction doit être maintenue, doit-on s’attendre à ce que l’on introduise dans les conditions d’engagement le fait d’être non fumeur ?
  6. L’interdiction générale de fumer dans les bâtiments semblant être la règle pour l’heure, le Gouvernement entend-il accepter des dérogations à cette règle ?
  7. Considère-t-il que les députés, comme tout autre utilisateur de bâtiments cantonaux, doivent se soumettre à cette règle, y compris à la cafétéria ?
  8. Pour terminer, la prison étant un bâtiment appartenant à l’administration cantonale, cette interdiction doit y être appliquée également. Entend-il aménager un lieu à l’air libre permettant aux détenus de fumer, à défaut de les autoriser à se promener ?
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